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Hubert Reeves :
Voilà pourquoi « tout n'est pas foutu » !
L’astrophysicien Hubert Reeves décrypte pour MatriochK ce que l’univers nous chuchote pour nous aider à construire notre futur. Tendons bien l’oreille, puisque c’est à l’univers que l’on doit tout, notre cerveau est né de sa structuration et de son immensité. Mais notre matière grise est-elle en train de se retourner contre nous ? Notre intelligence surpuissante va-t-elle nous neutraliser, comme si nous étions nos propres prédateurs ? Heureusement, l’optimisme d’Hubert Reeves nous rassure et ça, c’est une bonne nouvelle ! Dans son dernier livre, « La fureur de vivre », paru aux éditions du Seuil, Hubert Reeves invite à regarder le monde un peu différemment… Alors prenons de la hauteur et partons avec lui, dans les étoiles ! Accrochez-vous, décollage imminent !
Hubert Reeves a été directeur de recherche au CNRS durant plus de 30 ans, conseiller scientifique à la Nasa Institute for space studies, président de l’association Humanité et Biodiversité pour laquelle il est toujours actif et il est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’univers et le cosmos.
Extrait :
Sandra Freeman : Vous avez été l’un des premiers à vous poser la question de ce que vous vouliez léguer à, aux petits enfants avec « L’univers expliqué à mes petits enfants ». Quand on dit « L’univers expliqué à mes petits enfants », il y a cette idée aussi de se dire : « il faut que je leur transmette quelque chose » ? Hubert Reeves : C’est ça. J’aime bien cette phrase « quand le bateau coule, les marins essaient de se réconcilier », c’est ça une vision du monde. C’est de reconnaître que le bateau coule, de reconnaître qu’on est en danger. Qu’est-ce que l’on peut faire à partir de nos connaissances, de nos réflexions, de nos expériences de la vie ? Mon métier c’est d’être astrophysicien, et il y a des éléments, des connaissances astronomiques aujourd’hui qui me paraissent intéressantes à mentionner dans ce cadre. Et de les mettre en rapport avec une vision de tout l’univers, c’est-à-dire la vieille question : « A quoi ça rime ? », qu’est-ce que je fais ici ? Qu’est-ce que c’est que la vie ? Qu’est-ce qu’il fait… Qu’est-ce que je… Je m’aperçois qu’un beau jour je suis sur la Terre, que je peux réfléchir, que la vie est loin d’être simple, qu’elle est compliquée, surtout quand il y a des choses comme cette pandémie. Mais en même temps, qu’est-ce qu’on apprend ? Et il se trouve que l’histoire même de l’astronomie me paraît avoir quelque chose à résumer, à enseigner. Sandra Freeman : Mais qu’est-ce que ça raconte alors ? Hubert Reeves : Ce qui a changé en astronomie depuis 1900 à peu près, c’est quand on a appris grâce au grand télescope, que l’univers a une histoire. Pour moi, ça c’est la plus grande découverte. Parce que avant cela on avait des visions aristotéliciennes : l’univers est là, il existe depuis toujours, il est fixe, il ne bouge pas, c’est quelque chose qui est dans le béton. On a deux images de l’univers : l’image du rayonnement fossile qui a 14 milliards d’années, qui nous apprend que les premiers temps de l’univers étaient complètement, considérablement différents de ce qu’il est aujourd’hui. C’est-à-dire que l’univers dans les premiers temps, il n’y a ni galaxie, ni étoile, ni atome, ni molécule. Il n’y a qu’un magma incohérent, incandescent porté à des températures énormes. Qu’est-ce qu’il y a dans l’univers d’aujourd’hui ? Des galaxies, des étoiles, des planètes, des molécules, des coronavirus, c’est un univers très richement structuré. Ces structures n’existaient pas aux premiers temps de l’univers. Et l’histoire de l’univers, c’est l’histoire de la matière qui s’organise dont le plus grand chef d’œuvre c’est le cerveau humain. On ne sait pas si il y a de la vie ailleurs, mais en tous cas sur la Terre, la structure la plus évoluée, la plus complexe, c’est le cerveau humain. Sandra Freeman : Qui est le fruit de ces 14 milliards d’années. Hubert Reeves : Exactement
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