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Professeur René Frydman :
Pourquoi fait-on (encore) des bébés.
Le professeur René Frydman, médecin de la reproduction est l’invité de Sandra Freeman pour MatriochK.
Il a fait partie de l’équipe du professeur Émile Papiernik l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart et a permis la naissance du premier « bébé éprouvette » français, conçue par fécondation in vitro, Amandine, le 24 février 1982.
Il est aussi le « père » du 1er bébé français né à partir d’ovocytes congelés en 1986. En février 2011, il crée le premier bébé « médicament » en France, ou bébé du « double espoir » selon ses propres termes,
Dans son dernier livre « La Tyrannie de la reproduction », paru chez #, il revient sur l’évolution des consciences face au progrès de la science. Peut-on dire aujourd’hui que la science est sans limite ?
A PROPOS DE LA COLLECTION MATRIOCHK
Tous les entretiens de MatriochK avec #SandraFreeman à retrouver ici 👉🏼 https://bit.ly/3129sIF : Mona Ozouf, Dominique Moïsi, Rachid Benzine, François Molins, François Heisbourg, Jacques Séguéla, Dominique Bourg, André Comte-Sponville, Caroline Fourest, Bruno Solo, Michelle Perrot, Stanislas Dehaene, Jacques Rancière, Pascal Picq, Léa Moukanas, Robin Renucci, Hubert Reeves, Boris Cyrulnik, Barbara Cassin, Delphine Horvilleur, Catherine Dolto, Raphaël Enthoven, Etienne Klein, Daniel Kaplan, Alya Aglan, Emmanuel Carrère, Michel Serres, Bernard Stiegler, François Taddei, Natacha Wolinski, Jean-Claude Trichet, Heinz Wismann, Malek Boukerchi, Michel Sarran, Fatema Hal, Joël de Rosnay, Aldo Naouri.
Avec MatriochK, nos invités répondront à cette question « Que transmet-on à nos enfants » et partageront avec nous leurs #TrucsDeVie
Car, en s’interrogeant chaque jour sur le #RéchauffementClimatique, la qualité de la nourriture dans notre assiette, les probables services de l’intelligence artificielle, #IA, les nouveaux métiers, le pouvoir d’achat, c’est aux générations futures qu’on songe dans le fond. Et de fait, en pensant à notre quotidien, c’est de l’avenir, de l’éducation, de l’innovation, de l’alimentation, de la croissance, de l’emploi et de tant d’autres sujets plus macro sur lesquels nous nous interrogeons.
#Transmission #Conscience #FoodForThought
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Extrait :
René Frydman : Il y a deux types d’utérus artificiels dont on parle parce que ce n’est pas du tout la même chose. Il y a ce fameux livre extraordinaire d’Aldous Huxley qui est le meilleur des mondes où les enfants sont dans des couveuses à partir de l’état embryonnaire jusqu’à la naissance. Ça, c’est un grand livre de roman dystopique. Il y en a quelques uns comme ça, mais celui-là est la référence majeure. Sandra Freeman : Et là, 100 ans plus tard ? René Frydman : Et là, ce n’est toujours pas possible. Heureusement. Sandra Freeman : Mais ça veut dire que l’éthique tient quand même. René Frydman : C’est pas l’éthique. C’est l’impossibilité de le faire. Sandra Freeman : Ça vous inquiète ou ça vous rassure ? Ce genre de d’avancée ? René Frydman : Je ne suis pas très inquiet parce que je pense que c’est vraiment pas possible. Je ne vois vraiment pas le pourquoi du comment, mais surtout la faisabilité d’un embryon qui se développe en neuf mois dans une cage de verre. Par contre, le deuxième utérus artificiel, ce qu’on appelle l’utérus artificiel tardif, on appelle le bio bag. Qu’est-ce que c’est le bio bag ? Les pédiatres, les néonatologie ont su prendre en charge et traiter des enfants très prématurés. Il y a eu ces prises en charge d’enfants nés de 23 à 24 semaines, donc tout petit, plus de 500 grammes, 500g étant la limite et qui ont donné lieu à des beaux résultats aussi à des décès, aussi à des séquelles, mais aussi à des succès. Par contre, s’il y a une naissance qui se fait un plus tôt, c’est au cinquième mois. Là, on ne sait pas comment, on ne sait pas que faire. D’où l’idée que certains ont proposé du bio bag. Sandra Freeman : Ces avancées scientifiques qui vous paraissent faire sens aujourd’hui. Est ce qu’il y en a d’autres, par exemple le progrès sur les gamètes ou est ce qu’il y en a ? René Frydman : Oui. Alors il y a eu, il n’y a pas longtemps quand même, par exemple, la vitrification des ovocytes. La possibilité de congeler des ovocytes est partie du fait que des jeunes femmes qui étaient traitées pour un cancer allaient en même temps guérir de leur cancer et en même temps bousiller leurs ovaires. Donc de garder à l’extérieur des ovules qui ne seraient pas atteints par les médicaments toxiques et ensuite lui permet d’être guéri. Sandra Freeman : Ça, c’était la raison première René Frydman : C’est un exemple intéressant parce que les raisons premières sont souvent bonnes. Mais elles peuvent déviées. Voilà donc c’est pour ça que j’ai dit que c’est complexe. Parce qu’il y a toujours plusieurs aspects et des possibilités d’extension. Mais là où on peut intervenir en tant qu’humain, en tant que société, c’est dans l’application. Est ce qu’on le fait ? Est ce qu’on ne le fait pas ? Quand vous avez devant vous un homme qui ne produit pas de spermatozoïdes, l’azoospermie. Qu’est-ce qu’il a comme solution ? À part l’adoption, s’il veut être père, c’est d’avoir recours à un don de sperme. Mais on peut aussi penser qu’à partir d’une de ses cellules et en recréant un embryon par les moyens des cellules des embryons, des cellules souches induites qu’on induit par l’injection de gènes particuliers, on peut recréer des cellules originelles qui vont donner les spermatozoïdes. Donc on est devant une situation, on se dit après tout, cet homme là, il produit pas dans ses testicules les spermatozoïdes, mais on pourrait produire des spermatozoïdes à partir de sa peau. Sandra Freeman : Et votre réponse à ça ? René Frydman : La réponse c’est que oui, mais à partir du moment où ça sera maîtrisé ou maîtrisable, il peut y avoir d’autres utilisations qui peuvent être faites et qui elles seraient condamnables. Donc c’est toujours le même principe, on met en avant et on se trouve devant d’autres contradictions sur lesquelles ce qui est fondamental, c’est plutôt la pensée que l’on a, la barrière que l’on met sur le plan éthique mais pas sur la faisabilité. Quand ce n’est pas faisable, ça ne pose pas de problème.
On est en 1930, c’est incroyable qu’il ait imaginé ça.
Mais pour l’instant, c’est impossible et à mon avis pour longtemps. Mais par contre il y a quand même des équipes qui travaillent sur le tout début du début, c’est à dire sur le lien entre un embryon et l’utérus, un utérus recomposé parce qu’on arrive à créer des utérus, des tissus utérins en trois dimensions avec des imprimantes biologiques. Si ça marchait, ça ouvrirait la porte à un stade ultérieur.
Pas toutes mais beaucoup et ensuite d’être maman si elles le souhaitent.
Alors pourquoi ne pas le faire ? Ce serait sa participation personnelle. Il n’aurait pas recours à un don et on résoudrait son problème médical.
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