Accueil > interviews >
François Taddei :
A-t-on encore les capacités d’évoluer, d’agir sur l’avenir ?
Relever les défis de l’humanité ? L’explorateur du vivant, François Taddei en fait sa mission première… et son autre mission, c’est de nous apprendre à explorer comme lui, pour essayer comme lui de relever les défis et d’aider la terre à continuer à tourner… Pour cela, il a créé le CRI Paris – centre de recherches interdisciplinaires – où il réunit des cerveaux de tous horizons qui font de la recherche ensemble sur des thèmes très variés…En tant qu’ingénieur biologiste, François Taddei avait étudié les bactéries, leur fonctionnement, leur résistance et s’en est inspiré pour comprendre le vivant. Comment subsister, comment s’adapter aux nouvelles donnes…Il nous entraine dans sa dynamique pour nous rendre tous curieux, acteurs, voire un peu chercheur… et cela à tout âge. Il a par exemple créé le programme « les Savanturiers », où les enfants deviennent des apprentis chercheurs… Mais au-delà de l’intelligence collective et du partage horizontal des savoirs et des connaissances… François Taddei croit aussi en la transmission, mais pas n’importe quelle transmission : celle qui porte, qui accompagne… celle livrée par un mentor…
Extrait :
Sandra Freeman : Ici au CRI depuis de années vous avez des étudiants de différents pays qui ont fait certains de la musicologie, un autre de la biologie et un a étudié l’économie. Ils travaillent ensemble, ils n’ont pas la même langue, la même formation…s’ils ont la même émotion comment arrivent-ils à se comprendre ? comment on pousse des jeunes si différents à trouver un langage commun François Taddei : C’est plus facile si effectivement ils s’intéressent aux mêmes genre de défis; défis climatiques, environnemental, de santé ; ou s’ils veulent comprendre comment lutter contre la tuberculose dont la bactérie qui en est responsable est toujours plus résistante au antibiotiques. A ce moment là, ils vont pourvoir combiner leur talent et éventuellement devenir champion du monde de biologie synthétique au M.I.T. Il faut qu’ils trouvent quelque chose en commun qui peut être un défi commun et à partir de là les différentes disciplines sont des atouts que chacun d’entre maitrise pour apporter une brique de solution et la question est comment ces différentes briques peuvent s’agencer pour construire qqchose qui soit pertinent Sandra Freeman : Qu’est ce qu’on ne sait pas encore ? François Taddei : Mobiliser l’intelligence collective à la bonne échelle, ni éviter la bêtise collective. On a besoin de prendre conscience de ce qu’on sait déjà mais aussi de ce qu’on ne sait pas encore. On essaie au C.R.I. de développer ces outils numériques pour être capable de mobiliser l’intelligence collective à d’autres échelles de ce qu’on est capable de faire. Sandra Freeman : Concrètement François Taddei : On essaie de créer un GPS de la connaissance pour savoir ce que qu’on sait et aussi identifier ce qu’on ne sait pas. Le GPS, dans l’espace physique vous aide à savoir où vous êtes et puis y a des cartes qui vous aident à savoir qu’il y a des routes pour aller vous êtes là où vous souhaitez aller. Si je remplace l’espace physique par l’espace des connaissances, au lieu que ce soit un voyage physique, c’est un voyage de l’esprit. On est en train de développer ce genre de choses en utilisant l’intelligence artificielle. On lui a demandé de lire tout Wikipedia ; identifier où vous êtes où vous voulez aller quelles sont les trajectoires qu’on peut vous recommander. Si on a la carte des problèmes et qu’on a la carte des connaissances et qu’on sait les connecter l’une à l’autre, on peut partir de là où on est et aller vers la résolution de ces défis.
Marie Rose Moro : Le pessimisme ? Ça se déconstruit !!!
Au cours de ce sinueux chemin de l’apprentissage, de la croissance vers l’âge adulte, les enfants et les ados rencontrent bien des obstacles et ce...
»Gilles Babinet : Peut-on (aider à) sauver nos démocraties si on reprogramme nos algorithmes ?
On est à un point de bascule qui nous bouscule follement. Mais est-il raisonnablement possible de se reprogrammer ? Gilles Babinet, l’intellectuel-entrepreneur du numérique, nous...
»Daniel Andler : Intelligence artificielle vs intelligence humaine, qui gagne ?
L’intelligence humaine est au service de, et au cœur de, un organisme vivant conscient, qui a un enjeu. Une intelligence artificielle n'a pas d’enjeu.
»Professeur René Frydman : Pourquoi fait-on (encore) des bébés.
La tentative d'obtenir des enfants clonés à partir de soi est une possibilité réelle. Ce n'est pas la technique qui est la barrière, c'est la...
»Christophe André : Narcissisme VS Estime de Soi, Ceux qui vont survivre…
Avoir confiance en soi, avoir foi en soi, avoir une bonne estime de soi, c'est un facteur de succès, c'est un facteur de réussite.
»Dominique Moïsi : Voilà pourquoi « La géopolitique des émotions » est plus criante que jamais !!!
Alors que les guerres rouvrent la porte à une violence sans borne, que des blocs identitaires se réaffirment, que des modèles de civilisations s’opposent, qu'est-ce...
»Rachid Benzine : Qu’est-il en train de nous arriver, à nous, « êtres humains » ?
Qu’est-il en train de nous arriver à nous « êtres humains »? Et d’ailleurs qu’est-ce qui fait qu’on est encore vraiment « humains » ?...
»François Molins : La justice peut-elle encore sauver la démocratie ?
Je rêve d’un procureur qui serait en charge d’un ordre public environnemental.
»