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Daniel Kaplan :
Monde d’avant / monde d’apres, voila comment explorer le (les) futur(s)

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Le futur n’existe pas, c’est une construction imaginaire.

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Chercheur et entrepreneur, Daniel Kaplan a co-fondé et dirigé la FING, Fondation Internet Nouvelle Génération et a récemment créé le Réseau Universitaire de la Plurialité, U+, une organisation internationale dont la mission est de mobiliser toutes les ressources de l’imaginaire pour explorer d’autres futurs​. Acteur du numérique​ et de son développement économique et social depuis plus de 20 ans, il nous explique combien il est essentiel face à la cassure de la confiance en l’avenir que vit l’Occident, de libérer nos imaginaires, de multiplier les expériences de pensée pour envisager les futurs que l’on a envie de faire advenir.

Extrait :

Sandra Freeman : Est-ce que la raison pour laquelle, selon vous, il y a cette incapacité aujourd’hui à résoudre ce problème écologique c’est parce que il y a un problème de langage, on n’arrive pas à se comprendre.

Daniel Kaplan : Il faut qu’on arrête de se dire que les questions de cette nature-là peuvent être considérer comme des problèmes à résoudre c’est trop petit.

Comment voulez-vous changer le monde tel qu’il est avec les outils qui ont créé le monde tel qu’il est. C’est très difficile voire un peu impossible donc du coup la question de l’imaginaire se joue aussi c’est à dire :  est-ce que nous sommes capables ou pas, et c’est normal qu’on soit incapable au départ, en tout cas de nous figurer un monde qui serait régi par d’autres règles et principes d’actions que ceux qui sont aussi structurants dans notre esprit, à nouveau en Occident depuis probablement au moins 2000 ans, que sont la croissance, la richesse, la domination de l’homme vis à vis du reste des vivants. On est quand même complètement structuré autour de ça, là c’est vraiment le plus profond du profond de l’imaginaire c’est les mythes fondateur de nos sociétés qui sont structurés autour de ça et donc d’arriver à se dire et c’est très facile d’arriver à dire qu’il faut arrêter de …  mais à quoi ça ressemble et là c’est forcément quelque chose qui ne peut passer que par des reconstructions imaginaires mais il ne suffit pas de le dire : alors il faudrait que l’imaginaire dise qu’on ne soit pas les maîtres et possesseurs de la nature.

Sandra Freeman : C’est ça reconstruire l’imaginaire ça ne veut pas dire réécrire deux mille ans de ce qui nous a conçu alors ça veut dire quoi ?

Daniel Kaplan : Dans l’intuition qui est la nôtre, ça veut dire une multiplication d’expériences de pensée. Il y a toute une recherche aujourd’hui philosophique, artistique… comment on pourrait échanger avec d’autres espèces. Et on ne sait pas comment on peut le faire, on peut du coup l’expérimenter par des biais qui n’ont pas besoin forcement au départ de s’en tenir à la rigueur des protocoles scientifiques politiques. Ça ne veut pas dire qu’ils ne savent pas, les artistes travaillent avec des scientifiques mais à un moment ils s’autorisent une licence qui est aussi une licence de se tromper, de se planter qui n’est pas la licence spéculative qui normalement n’est pas une licence de scientifique et ils vont l’explorer, se dire voilà on pourrait essayer ça comme ça.

C’est ce type de percée qui me paraît aujourd’hui indispensable et qui est forcément petite, diverse, fragile pleine d’échecs et de déceptions qui va pas du tout produire un grand discours général qui va explorer plein de petites questions différentes.

On peut essayer les choses et trouver notre propre chemin peut-être pas celui du voisin mais en tout cas un chemin vers des formes de futur qu’on pourrait avoir envie de faire advenir et déjà d’arriver à ça c’est quelque chose qui me parait complètement indispensable sans lequel on ne peut que subir les transformations qui vont arriver.

Sandra Freeman : Qu’est-ce que vous pensez important de transmettre à nos enfants comme clés pour continuer à écrire le futur là ?

Daniel Kaplan : La capacité à raconter des histoires justement. On est des êtres qui racontons des histoires mais on débarrasse assez vite les gamins de cette capacité par ce que ce n’est pas très « sérieux » quand même. Je pense que c’est une capacité fondamentale.

 

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