La plateforme Parcoursup vient d’ouvrir et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tout le monde…
Il est vrai que depuis 2018, Parcoursup a été créé pour atténuer le stress du bac et de la terminale. L’idée étant que tout le monde puisse, plus facilement, passer son examen du bac en toute sérénité. Mais malheureusement, nous qui avons des enfants ou qui connaissons des enfants, on remarque qu’au contraire, Parcoursup étire le stress sur toute l’année.
Tout le sujet, c’est de lutter contre le déterminisme social et de faire en sorte que tout le monde puisse avoir les mêmes chances de s’en sortir. Car même si on a tous les mêmes intentions, in fine, chaque solution que l’on peut trouver accentue le déterminisme social. Nous en avons la preuve, une fois de plus, avec Parcoursup.
Un article très intéressant du Monde* montre que Parcoursup creuse les inégalités sociales. Et d’ailleurs, des sociologues avertis, éveillent sur ce risque « d’auto-élimination » par classe sociale. Si on regarde un petit peu plus loin, en septembre dernier, une enquête IPSOS** avait été menée et celle-ci allait dans le même sens. L’enquête démontrait qu’1 lycéen sur 4 avait du mal à comprendre les fiches qui étaient présentées sur Parcoursup. Ce qui est problématique puisque, dès le départ, dans l’accès à l’information pour choisir sa formation, il y a un déterminisme social. À l’inverse, certains lycéens, provenant des écoles plus élitistes, vont savoir exactement dans quelle école aller, avec quels professeurs, avec une véritable stratégie d’orientation. Quant à ceux qui sont un petit peu plus loin de l’information, sans aucun sens de l’orientation, vont choisir une formation par défaut, droit ou médecine par exemple.
Mais alors par rapport à tout ça, il y a une leçon à tirer : tout ne se joue pas sur le choix d’une orientation, juste après le bac. On le voit bien : on change de plus en plus de métier tout au long de sa vie. Selon l’INSEE, ce serait de l’ordre de 4 à 5 métiers différents, au cours d’une carrière. Ne pas avoir la juste orientation à 18 ans, ce n’est pas non plus une orientation de toute une vie. On se rassure : tout n’est pas écrit et notre destinée n’est pas entièrement dictée par un algorithme.
*Le monde, « Parcoursup selon l’origine sociale des lycéens, une orientation à armes inégales », 18/01/23
** Ipsos – Enquête d’opinion des néo-bacheliers sur Parcoursup, Septembre 2022