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Jacques Rancière : Comment vraiment lutter contre les complotistes.
Qui sont les complotistes ?
17/11/2021
Sandra Freeman : Il faut lutter contre le complotisme, il faut imposer la vérité.
Jacques Rancière : On impose rien d’abord, on propose plutôt des procédures de vérification. Il y a des procédures de vérification du fait que l’Holocauste existe qui sont suffisantes, dont on voit bien qu’elles ne seront jamais suffisantes pour faire taire les négationnistes. Parce que quand vous voulez nier est quelque chose, vous aurez toujours les moyens de le nier. Quand vous êtes complotiste, vous aurez toujours les moyens de trouver un complot. Pourquoi ? Parce que il y a toujours les moyens de nier quelque chose. Il faut essayer précisément d’opposer à ça une culture de la vérification qui sait qu’il n’y a jamais de vérité définitive mais qu’il y a des possibilités de vérifier, de dire les choses si on est honnête. Si on a envie de tout nier, si on a envie de toujours dire le contraire de ce qui est, on ne peut rien contre vous.
Sandra Freeman : Par rapport au temps politique actuel, quand une figure comme Éric Zemmour paraît est-ce pour vous un symptôme? Ça raconte quelque chose ou est-ce que c’est un événement?
Jacques Rancière : C’est sûrement un symptôme de quelque chose qu’on voyait bien depuis un certain temps. C’est-à-dire que pendant un certain temps, on nous a fait croire que précisément l’extrême droite c’était un peu des arriérés, des ouvriers qui avaient perdu leur place, des gens qui étaient chômeurs, des classes en décomposition et ainsi de suite. Alors qu’on voyait bien tous les jours que toutes ces initiatives d’extrême droite gagnaient constamment dans le monde des gens bien nés, bien informés. Disons Zemmour, c’est le symptôme du fait que toutes les espèces de pulsion de haine et d’exclusion, d’illusion de supériorité, de désir de stigmatiser et d’exclure, c’est pas du tout un truc comme on l’a dit, populiste, lié aux couches de populations en perdition. Non c’est quelque chose qui est vraiment lié aux gens qui sont puissants aujourd’hui. Il y a eu une espèce d’extension dans la classe dominante dans son intelligentsia, de toute une série de formes d’intolérance, de haine, de racisme etc., qu’on disait toujours réservés à des petites gens mal instruits. C’est pas du tout ça.. C’est la classe dite « éclairée » qui maintenant colporte directement toutes ces idéologies et toutes ses attitudes.
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