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Carrère

Emmanuel Carrère : Révolution numérique, désagrégation du réel. Transmettre, est-ce encore possible?
Tant qu'il y a humanité, il y a besoin d'une histoire.

03/01/2022

Emmanuel Carrère explique à MatriochK, le rapport qu’entretient l’écrivain avec le réel. Comment comprendre le monde qui nous entoure ? Est-on vraiment en mesure de saisir la Réalité de ce que l’on vit ? Le romancier, scénariste et réalisateur sait « raconter des histoires » et sait aussi la vertu des histoires, leur pouvoir. Dans ces temps de mutations profondes de nos sociétés, il sait que la narration qu’on utilise pour raconter la réalité, façonne cette réalité. Il nous explique que transmettre des histoires c’est « donner forme au réel » .
Et au-delà de ce qui est, l’écrivain aide-t-il à comprendre ce qui advient ? Peut-il aider à décrypter le monde qui se dessine ? L’auteur de « Limonov », Prix Renaudot en 2011 et du « Royaume » nous dit ce qu’il perçoit de notre changement de civilisation et nous aide à voir les choses de plus haut. Il partage aussi ce qui lui a été transmis par les siens, lui dont la mère est Hélène Carrère d’Encausse, d’origine russe, secrétaire perpétuel de l’académie française.

Le 12 janvier 2022, sort au cinéma son film adapté du livre de Florence Aubenas « Le quai de Ouistreham » avec Juliette Binoche.

Extrait :

Emmanuel Carrère : J’ai lu un article formidable de Georges Orwell  : »Pourquoi j’écris », « Why I write ». Orwell y démontre 4 moteurs de l’écriture. Il appelle le 1er « sheer egoism », l’égoïsme pur et simple, c’est la vanité, le désir d’être important, le désir d’être lu éventuellement par la postérité, le désir de prendre sa revanche sur les bruts qui vous tapaient dessus à la récré quand on était un petit à lunettes, ce que sont souvent les écrivains, je parle pour moi… le truc la gloriole, l’ego. Ensuite il y a « aesthetic enthusiasm » : le goût de bien combiner des mots des phrases, quelque chose qui fonctionne qui soit beau, au fond le goût du travail bien fait.
Ensuite il dit « political purpose », c’est à dire le désir de changer le monde ou de manifester sa colère devant une injustice, un mensonge.
Enfin il dit « historical impulse », il entend ça dans un sens très large, très beau et très important qui est au fond le désir de voir les choses de plus haut. De comprendre le monde, d’avoir une espèce de vue plus large des choses, de compréhension.
Je pense que ces 4 composantes existent chez tous les écrivains mais dans des proportions différentes.
Chez Orwell, la politique et le goût de la beauté, de bien faire étaient très grands

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